Passionnée de culture et patrimoine savoyards, Line Perrier a ajouté une corde à son arc d'universitaire : celle de la préservation, voire de la renaissance, d'une race de chiens spécifique à l'ancien Duché de Savoie : le berger de Savoie.
« En discutant avec les anciens, j'ai appris qu'il existait un chien "local", notamment dans les Bauges, ou en Tarentaise, qui gardait, entre autres, les vaches. Je suis partie à la poursuite de spécimens, pour découvrir qu'il n'en existait quasiment plus aucun ! » Un travail de recherche est alors mené par Line Perrier, fondé notamment sur des critères de biométrie, pour définir exactement cette race.
Cette enquête ayant abouti, une association est créée - la Société du berger de Savoie -, qui se veut un conservatoire.
« Nous sommes sans doute les seuls en France à avoir engagé cette démarche », explique Line Perrier.
« On me téléphone de partout en Europe, par exemple d'Autriche : les gens sont intrigués par notre façon de faire pour arriver à la renaissance d'une race de chien alpine. » La démarche n'a pas été simple :
« Il a fallu retrouvé les derniers représentants de la race pour organiser la reproduction. Notre but est à la fois simple et compliqué : maîtriser cette reproduction pour assurer la pérennité du berger de Savoie, en visant la plus grande "pureté" possible. Aujourd'hui, on trouve en effet sur le "marché" des chiens présentés comme des bergers de Savoie mais qui n'ont rien à voir avec eux. Il s'agit de croisement de toutes espèces. Du n'importe quoi... » Dans ce sens, et pour lutter contre les "faux", tout en assurant l'avenir du berger de Savoie, a donc été créé un conservatoire pour "reconstruire des lignées".
Les chiens sont placés chez des particuliers, quand ils sont chiots, avec interdiction pour leur propriétaire de les stériliser, la reproduction de ceux-ci étant placée sous "surveillance" de l'observatoire, pour maintenir une race conforme aux critères définis, une race "uniformisée" en quelque sorte. Des paillettes de sperme sont expédiées, par ailleurs, à la crio-banque de Lyon pour y être préserver et assurer, là encore, l'avenir.
« Nous demandons une participation de 670 euros par chiot », souligne encore Line Perrier.
« C'est ce qui finance notre association. Pour partie seulement, car avec cela il faut assurer l'élevage des chiens, les frais vétérinaires... Nous avons aussi des chiens adultes à placer. Le contrat est le même : il s'agit en fait d'une forme de mutualisation de l'effort nécessaire pour sauver cette race. » Et le pari n'est pas gagné d'avance :
« Nous pensions trouver un véritable écho chez les Savoyards et Haut-Savoyards, mais ce n'est pas vraiment le cas. La mobilisation n'est pas encore à la hauteur de nos espérances. » Et ce alors qu'aujourd'hui, moins d'une centaine de bergers de Savoie authentiques sont identifiés dans la région.
Journal La Savoie