Ils se multiplient... Chaque année de nouveaux naissent. Mais d'autres disparaissent aussi. Les festivals semblent être désormais autant un outil de diffusion culturelle qu'un vecteur de dynamisme économique.
A travers trois « grosses machineries » - Montjoux à Thonon-les-Bains, Paléo à Nyon et Musilac à Aix-Les-Bains - gros plan sur ces manifestations de plus en plus prisées.
Rencontres du cinéma italien d'Annecy, Festival international d'humour de Saint-Gervais, Rencontres musicales d'Évian, Festival international du cinéma d'animation d'Annecy, Festival international de théâtre jeune public du Grand-Bornand "Au bonheur des mômes", Festival des sciences de la terre et de ses hommes de Chamonix... La liste est longue des manifestations culturelles recensées en Haute-Savoie. La Savoie n'est pas en reste. Ni la Suisse voisine. Et l'été les festivals, musicaux pour la plupart, déferlent sur la région.
« Il est certain que de grands événements comme ceux-ci dopent l'activité du tourisme », relève-t-on du côté de l'agence Savoie Mont-Blanc, si l'on évoque les retombées économiques que ces manifestations engendrent. Des hausses de réservations d'hôtels de 5 à 10 % peuvent être constatées selon les secteurs, les restaurants tirant également leur épingle du jeu, de même que, globalement, l'ensemble de l'activité commerciale.
Sans parler de l'image de dynamisme culturel que confère à la ville organisatrice une manifestation de ce genre.
Reste que les montants engagés sont à la hauteur des enjeux. Prenons le festival de Montjoux à Thonon : le budget global de 380 000 euros est consacré pour 46 % aux charges artistiques (cachets, transports, frais de bouche et d'hébergement...). La communication (publicité, flyers...) représente 7,5 % des dépenses, la technique 20,5 % (scène, éclairage, location d'instruments., sono...). Logiquement, les collectivités locales sont appelée à la rescousse pour participer à l'effort financier :
« Le conseil général et la Ville de Thonon-les-Bains nous allouent en tout 74 500 euros de subventions », précise-t-on au sein de l'administration de la Maison des Arts Thonon-Evian, organisatrice.
« Cette participation a été augmentée cette année de 15 700 euros pour la création de la deuxième scène de Montjoux, qui est dédiée aux talents régionaux. » Equilibré chaque année
« à quelques milliers d'euros près », le budget de Montjoux peut également compter sur la billetterie, bien sûr, et les ventes de boissons au chapitre recettes.
Autre univers : Paléo. Ce festival réputé ne touche aucune subvention publique. La majorité de ses recettes est générée par la vente des billets (50 % des recettes), le sponsoring (16 %), les recettes des stands, des bars, des restaurants et des boutiques de merchandising (34 %). En dix ans, le bénéfice cumulé de l'association Paléo Arts & Spectacles atteint 3,7 millions de francs suisses. En fait d'association, il s'agit d'une réelle entreprise : par exemple, les résultats financiers (revenus sur les titres et placements) ont contribué à ce bénéfice à hauteur de plus de 1,8 million de francs suisses Mais nous parlons ici de 230 000 spectateurs (en 2009) contre un maximum de 5 000 par soirée à Montjoux, consigne de sécurité oblige.
Enfin, dernier exemple : Musilac à Aix-les-Bains. 50 000 à 60 000 spectateurs chaque année, un budget 2010 de 2,7 millions d'euros, abondé en partie par les collectivités : 340 000 euros pour Aix-les-Bains et 100 000 euros pour le conseil général de Savoie. A quoi il faut ajouter la participation de banques régionales...
« C'est important pour l'image de la ville », résume le député-maire Dominique Dord quant à l'impact de la manifestation.
Mais d'autres festivals disparaissent, symbolisant les difficultés financières que rencontrent en ces temps de crise les organisateurs : ainsi, celui des Rockailles, à Reignier, qui a vécu sa dernière édition en 2010. Avant de renaître, peut-être, dans les prochaines années. C'est en tout cas le souhait de ses initiateurs...
CYRIL BELLIVIER
Journal La Savoie
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