Albertville

jeudi 23.01.2014, 14:00

Conseil municipal : la sécurité au coeur des débats

Lors du meurtre de Philippe Collier, la caméra fonctionnait bien, mais elle était orientée à l'inverse de la scène, donc inexploitable. Lors du meurtre de Philippe Collier, la caméra fonctionnait bien, mais elle était orientée à l'inverse de la scène, donc inexploitable.

En préambule, Philippe Masure annonça qu'allait se tenir le 45e conseil municipal de sa mandature. Cette avant-dernière édition fut de son aveu la plus courte avec une petite heure et demi de débat dont une grande partie consacrée au plan de sécurité et de prévention de la délinquance à Albertville.


2014-2017: le maire ne sera plus là pour appliquer une stratégie définie à l'échelle nationale... Cela ne l'empêcha pas d'en cautionner la teneur, lucide quant à la nécessité d'agir dans un domaine de la délinquance dont il regretta la recrudescence. Il nota l'urgence de lutter contre le sentiment d'insécurité en renforçant le dialogue entre tous les acteurs de ce dossier, de la gendarmerie à la justice en passant par l'État. Il affirma au passage que le rôle de la police municipale évoluerait vers davantage de présence sur le terrain, au dialogue avec la population, plutôt que de la verbalisation.
Jean-François Brugnon salua un brin ironique cette schématisation et prit acte des mesures déjà prises par Philippe Masure... Il interpella au demeurant le maire : « Beaucoup de méfaits plus ou moins graves perdurent ! » « Oui, reconnut l'édile, nous rencontrons des situations nouvelles et inhabituelles dont certaines d'une extrême gravité. Tout le monde mène des efforts soutenus pour les minimiser, mais comme vous, je regrette que nous n'obtenions pas de résultats plus concrets. Il faut poursuivre dans ce sens en optimisant le travail collaboratif... d'où l'importance de ce plan ! » Christiane Bertrand s'interrogea sur le rôle des médiateurs et leur impact au quotidien... Philippe Masure peina à lui répondre, arguant qu'il n'existait aucun indicateur pour attester de l'efficacité de leur action sur le terrain « par contre, se satisfit-il, on observe que certaines difficultés qui affectaient les logements sociaux ont tendance à disparaître ».
Jean-François Brugnon s'inquiéta du plan de vidéosurveillance annoncé : « Où en est-on ? Lesquelles fonctionnent ? Quand seront-elles toutes installées ? » Le maire annonça que toutes les caméras seraient en place début février : « ça a pris un certain temps, se désola-t-il, mais il a fallu suivre toute une réglementation qui n'a pas facilité la rapidité  » Christiane Bertrand regretta qu'il eut fallu un crime pour que soit étendue la vidéosurveillance « alors que nous réclamions des caméras depuis longtemps... » Elle déplora aussi que celles en place n'eurent pas fonctionné, ou en tout cas se révélèrent inutilisables pour l'enquête sur l'assassinat de Philippe Collier.
Pour la première fois de la soirée, Philippe Masure perdit (très légèrement) son calme : « Je l'ai dit et répété, il n'y a jamais eu de problème de dysfonctionnement de ces caméras et je déplore que des conseillers municipaux continuent de le prétendre... La vidéosurveillance était active, mais au moment des faits, elle n'était pas orientée sur la scène du crime ».
Alain Marçais affirma que la délinquance était le fruit du chômage, d'une éducation parentale déficiente et d'une faible connaissance de la langue française pour certains « or quand on ne dispose pas des mots, on a tendance à se servir des poings pour s'exprimer ». L'allusion égratigna la sensibilité de Salilah Bensalah qui lui demanda ce qu'il entendait par là : « Tu stigmatises une population bien précise  ? » « Non, il est difficile pour qui que ce soit de s'intégrer s'il ne maîtrise pas correctement le français ». Alain Marçais insista aussi dans son intervention sur l'importance du sport dans la paix sociale... et questionna Philippe Masure sur la situation difficile du club de basket... Le maire approuva son point de vue et le rassura : la commune ne laissera pas tomber le BOS.
Dernier sujet évoqué lors de ce débat sur la prévention de la délinquance, la police. Municipale ? Non, nationale ! Jean-François Brugnon s'inquiéta de savoir si le commissariat resterait bien implanté au sein de la cité olympique. Le premier magistrat avoua ne pas avoir de scoop à ce sujet : «  mais, assura-t-il, aucun élément ne va dans le sens d'une disparition ».

JOHAN FABIN

Journal La Savoie
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