INFOS STATIONS

Météo, agenda, webcams... toutes les informations de vos stations à portée de clics

Alpes Du Sud | Auvergne | Haute-Savoie | Isère | Jura | Pyrénées | Savoie | Vosges

Albertville

jeudi 16.02.2012, 14:00

Cette pauvreté qui agresse de plus en plus de foyers

Caps et Restos du Coeur : deux institutions qui comblent les carences de l'Institution. Caps et Restos du Coeur : deux institutions qui comblent les carences de l'Institution.

Factures énergétiques qui astiquent, loyers surévalués, alimentation en augmentation, essence en déliquescence : à part la côte de nos éminences politiques, le système ne cesse d'encaisser les hausses.

Dans ce contexte de crise, de plus en plus de personnes et de familles flirtent avec la précarité, quand elles n'y sombrent pas. La preuve en mots avec Nathalie, maman élevant seule 2 enfants, et plusieurs responsables associatifs.
La facture EDF trône sur la table, pas comme un trophée, plutôt comme un faire-part de décès. La goutte d'eau qui fait déborder le vase en quelque sorte : « C'est pas comme si c'était une surprise, je m'attendais à une somme élevée, mais là, vu les dépenses de ces dernières semaines, je ne vais pas pouvoir la payer tout de suite ». Employée à temps partiel, cette femme de 35 ans touche un salaire qui ne couvre plus toutes les charges. Au 10 février, elle est déjà à découvert et ça fait plusieurs mois que ça dure : «  Au début, je m'en sortais grâce à mes parents et à la pension que me versais de temps en temps le père de mes enfants. Mais je ne supporte plus de vivre au crochet de mes proches et mon ancien conjoint est dans les mêmes difficultés, alors il ne me reste plus grand-chose ».
Son quotidien est celui de la débrouille, du système D, elle calcule au plus juste et sacrifie ses envies pour offrir à ses petits une vie comme les autres.
Elle se bat, seule, avouant : « j'ai bien pensé aller au restaurant du coeur pour ménager mon budget alimentation, mais j'ai honte, c'est un pas que je me refuse encore de franchir. Je travaille, je devrais avoir le droit de m'en sortir ! »
« Ils viennent quand ils sont au bord du gouffre »
Son cas, Claudine Rodriguez en croise de plus en plus à la permanence des restos du coeur : « Tous les ans, l'activité ne cesse d'enregistrer des augmentations. C'est encore plus prégnant depuis deux ans ou pas un jour ne passe sans que nous ne voyions arriver au moins une nouvelle famille. C'est une vie ou le moindre grain de sable fait trébucher les personnes les plus modestes. Souvent, avant de venir aux restos, ils attendent le dernier moment, quand ils ne peuvent plus faire autrement car ils sont au bord du gouffre ». Et ce ne sont plus seulement des chômeurs, Claudine et son équipe accueillent des petits salaires, des temps partiels, des personnes à la retraite : «  Il y a aussi des individus qui sortent de longue maladie et se retrouvent dans d'énormes difficultés financières. C'est choquant ». Les fortes hausses actuelles n'agissent pas notoirement, par contre, la responsable s'attend à ce que les répercussions surgissent à la fin de la campagne, au mois de mars : « Il y a toujours un décalage, c'est là que l'on mesurera mieux les conséquences des charges de chauffage ou les hausses des prix ».
Elle termine par un petit conseil, précieux : « Nous recommandons à nos usagers de renégocier leurs contrats, des tarifs spéciaux existent pour les personnes qui traversent des situations de fragilité ».
Au Comité d'Action Solidarité Précarité, directeur de cette précieuse structure, établit le même constat : « Depuis un an, un an et demi, nous accueillons de plus en plus de personnes qui parvenaient à s'en sortir sans le CAPS et, du fait des difficultés grandissantes, se trouvent contraintes d'exploiter les réseaux de l'occasion. Quant à ceux qui étaient déjà dans la difficulté, leur situation ne cesse de s'aggraver. C'est malheureux à dire, mais les recycleries ont encore de beaux jours à vivre ». Pour Nathalie, c'est déjà une réalité : « J'ai acheté les cadeaux de mes loulous sur une bourse aux jouets... je leur ai trouvé des choses sympas, et puis il y avait les grands-parents pour leur faire plaisir aussi ». Drôle de société où le travail n'est plus garantie de stabilité... même dans la sagesse : « car je vous l'assure, à part pour la voiture, je n'ai pas un seul crédit à la consommation ! »
JOHAN FABIN

Journal La Savoie
Réagissez sur Facebook
lasavoie.fr
Le site de La Savoie