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Albertville

jeudi 18.08.2011, 14:00

Objets volants identifiés ou non, avez-vous donc une âme ?

Une envie d'espace, de découverte, de culture... Une envie d'espace, de découverte, de culture...

Phénomènes inexpliqués, apparitions, boules de feu, tâches dans le ciel... Et la fiction qui alimente nos fantasmes. Les questions fascinent tandis que notre ignorance en la matière sème le doute.

Il est temps de mettre fin aux rumeurs.
Non, Bruce Willis ne sauvera pas le monde en faisant exploser une charge nucléaire sur un astéroïde grand comme le Texas. Et il n'est pas acté que les extra-terrestres s'intéressent à notre planète au point de la visiter aussi fréquemment que l'on voit d'apparitions dans le ciel étoilé. «  En astronomie, il n'y a pas de place à l'abstraction. Tout s'explique de façon rationnelle », commence Stéphane Clément, président du Club Astronomique Savoie Lactée. « Tous les phénomènes auxquels nous avons assisté ont fini par être explicités ». Voici qui met fin à toute spéculation sur ces brouettes volantes aperçues ça et là, ou à ces boules lumineuses clignotantes. Ou quand notre esprit d'illuminé tardif se heurte à la logique et la raison. L'astronome n'a donc pas la tête dans les étoiles ? « Il est là pour comprendre où l'on vit  » explique Gilbert Collombet, ex président dudit club. « Ce qui se passe sur Terre est aussi important que ce qu'il y a là-haut. La météorologie, la géologie ou l'étude des particules élémentaires sont autant de sujets qui nous concernent ». Les mouvements des nuages, la tectonique des plaques ou encore l'étude du fond des océans sontparmi les matières nourricières de l'astronome. « Les gens viennent nous voir par passion, toujours, mais aussi parce qu'ils s'interrogent. En astronomie, l'amateur peut venir en aide au professionnel » .

Eau = vie ? Un raccourci...
Des questions, le plus souvent sur des événements étranges, survenant dans un ciel dégagé. En Savoie, les apparitions d'ovnis ont régulièrement défrayé la chronique : les blogs s'amoncellent, les rumeurs faisant état d'un "point lumineux qui glissait ou flottait" (août 2010) du côté d'Aigueblanche ou d'une boule de feu au-dessus de Bourg-Saint-Maurice, en novembre 1998 mènent le commun des mortels à fantasmer tous azimuts autour de la vie extra-terrestre. « Aujourd'hui, certains scientifiques sont convaincus qu'il y a eu de l'eau sur Mars, ce qui n'est pas admis par tous, et qui ne signifie pas nécessairement présence de vie. Eau = vie, c'est un raccourci rapide » tranche Stéphane. «  Ensuite, ces points, ces boules, ces mouvements ont une explication », constate Gilbert Collombet. « Une fois, nous étions plusieurs à assister au même phénomène, une trace derrière un point lumineux. Nous étions perplexes et nous avons appris par la suite que ce n'était que la station ISS qui dégageait son excédent d'eau, ce qui a produit ce panache que nous n'expliquions pas ». Autre exemple, les iridiums, ces instants de luminosité intense, comme des flashs, dûs en réalité à un satellite en rotation dont les panneaux réverbèrent la lumière du soleil. « Cette histoire de la tête aperçue sur Mars », reprend Stéphane, « n'était qu'un effet de lumière, et pourtant, elle avait fait parler d'elle, dans les années 80 » ! Voilà de quoi renvoyer les apprentis-enquêteurs aux affaires paranormales à leurs études.

À quand la prochaine extinction ?

Le mythe le plus prégnant reste toutefois celui de l'astéroïde, qui viendra un jour éteindre la vie sur Terre. « C'est la question qui revient le plus souvent, plus que les petits hommes verts. Il en tombe en permanence et on les voit très bien, ce sont les étoiles filantes.
Lorsqu'elles frappent le sol, ce sont des météores »
, explique Gilbert. « Quoi qu'il arrive, la vie dominante sera éradiquée une 6e fois ». Sixième car les dinosaures furent la 5e espèce de vie régnante sur Terre détruite par ce fameux caillou tombé sur le Golfe du Mexique. « Il y a, entre Jupiter et Mars une grosse ceinture d'astéroïdes... Le prochain viendra probablement de là » On vous laisse imaginer qu'il ne s'agit pas du B612, lieu de villégiature du Petit Prince. « Pas besoin d'un morceau grand comme la Guadeloupe... Juste un petit caillou de 20 km suffirait à tout anéantir », tout comme le feraient un volcan terrestre, sous-marin ou un nuage de poussière bloquant la lumière solaire. Quant au soleil, il viendra, lui aussi, à faire des siennes : « dans 4, 5 milliards d'années, lorsqu'il aura bouffé tout son hydrogène... » Bref, on en apprend de belles. « 90 % des découvertes ont été réfléchies en amont », confie Gilbert. «  Mais tout est en mouvement. Tous les 50 ans, les coordonnées spatiales évoluent, on change de calendrier. Aujourd'hui, on fonctionne selon le calendrier 2000, dans 50 ans, il sera différent. Même notre matériel est prototype. Il y tant de choses à voir, hormis les étoiles... Des nébuleuses, des galaxies, des amas d'étoiles... » De choses à savoir, aussi, comme le fait qu'une journée sur Vénus est plus longue qu'une année (243 jours terrestres contre 242), que celle-ci tourne d'Est en Ouest, et non d'Ouest en Est comme les autres planètes, qu'il y a 500 millions d'années, les jours duraient 21 heures, ou encore qu'il nous faudrait 80 ans pour aller sur Saturne...
Un désintérêt du public pour l'étude des astres
Malgré tout, il semble que la tendance penche pour un désintérêt général pour l'astronomie. « Qui a pu assister au dernier lancement d'une navette vers la station internationale » ? s'interrogent nos deux compères. « Qui sait qu'ils ont été nombreux outre le trio d'Apollo XI, à avoir posé le pied sur la Lune ? Aujourd'hui, seuls les Chinois ou les Indiens paraissent vouloir poursuivre la conquête spatiale... » Ajoutons que sur 42 missions d'exploration de Mars, 24 ont échoué... « L'astronomie, ce ne sont ni les grosses têtes ni les gros calculs. Ce côté scientifique rebute les gens. Elle se pratique comme on joue au foot, chaque personne a quelque chose à nous apporter. Si on pouvait avoir un observatoire, à l'abri des lumières, avec un télescope pro ». Cette lumière, ennemie de l'observation, comme le dénonce Gilbert : « A Albertville, en levant la tête, vous verrez, disons, 20 étoiles. Depuis Tamié, 400 et à 2500m, vous en verrez 1800 à 2000 » . Comment donc donner aux gens l'envie d'avoir envie ? « Qu'ils viennent se faire plaisir avec ce qu'ils ont. Il y aura toujours quelque chose à voir... »
JÉRÔME BOIS

Club d'Astronomie Savoie Lactée, 45 place Montmain, Ugine.

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