Sur le bord de la route la prostitution que l'on qualifiera de fait de route, gagne du terrain. Il y a ne serait-ce qu'un an, voire deux, personne n'aurait aperçu ces femmes debout à l'entrée d'une voie secondaire, d'un chemin, attendant avec patience le client.
Aujourd'hui, elles sont de plus en plus proches d'Albertville, après avoir investi les territoires du bassin chambérien, puis Saint-Pierre d'Albigny et désormais, Grésy-sur-Isère, Montailleur, Frontenex... Et bientôt... à l'entrée d'Albertville... Le point sur un dossier dont nous faisions déjà état dans le printemps.
Prostitution, pas prostitution Ici à Albertville ? La question posée à n'importe qui déclenche immanquablement un sourire qui en dit long... Croire qu'il n'y en a pas ici ? Bah... bah ! Pas de fausse naïveté. En veut-on, n'en veut-on pas... Le plus vieux métier du monde n'a pas disparu ; Albertville a connu en son temps des maisons closes, elle connaît sûrement encore de la prostitution que les forces de police ont tendance à qualifier d'occasionnelle... Pour autant, celle du bord de route avance inexorablement, au vu et su de tout le monde, répondant sans aucun doute à des besoins. Et nul besoin d'étude de marché pour en avoir l'assurance.
Aux portes d'Albertville, il n'en est plus autrement et dans les jours qui viennent comme ce fut le cas à Chambéry ou Aix, on la croisera aux différents ronds-points voire ailleurs.
Du côté de la gendarmerie, le commandant Baillargeat, lorsque nous l'interrogions dans le printemps sur le sujet, ne semblait, ou ne voulait pas se dire au courant de cette prostitution de route. Sans affirmer d'intervention particulière, à peine un contrôle d'identité... Ce ne sont pas les filles qui les intéressent, ce sont les souteneurs, les proxénètes, ceux ou celles qui les font travailler. Comme pour la drogue, les têtes de pont sont sans nul doute les cibles les plus importantes mais aussi les plus difficiles à interpeller.
En ce mois de juillet 2010, où il n'est pratiquement pas un jour sans croiser en prenant la route pour Chambéry, la présence de l'une ou de l'autre de ces femmes, la gendarmerie nous confirme ne pas faire grand chose.
« Non, nous n'avons pas eu d'intervention dernièrement. Elles se rapprochent plus ou moins d'Albertville. Ce n'est pas stable... Contrôle ou pas d'identité ? Oui, on a bien dû les contrôler... » Même position donc... Qu'on ne se masque pas les yeux, qu'on veuille savoir qui aide les situations de ces femmes, ici à Albertville et dans tout l'arrondissement, nul n'éclaire sur l'existence d'association, d'organisation ou service s'occupant de cette problématique.
Va-t-il falloir, chacun de nous, s'habituer à cette nouvelle présence dans les années à venir, signe de précarité qui grandit ? Si elle investit la cité albertvilloise où même les communes environnantes comment va-t-il falloir réagir ? Comment anticiper plutôt que de devoir prendre des mesures le fait accompli...
L.M.
Journal La Savoie
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