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Albertville

vendredi 30.07.2010, 14:00

Consultation d'ophtalmologie, le pire est à venir

La situation n'est pas nouvelle, en France il existe une vraie pénurie d'ophtalmologistes. Le coupable (idéal ?) pour certains s'appelle numerus clausus.

C'est lui qui instaure le nombre de spécialistes formés chaque année. Ainsi 80 ophtalmologistes sont formés en France. C'est trop peu alors que la demande ne cesse d'augmenter. Sur notre secteur comptez 6 mois ou plus pour obtenir un rendez-vous. Et la situation risque de s'aggraver... Le docteur Maryse Vittot, ophtalmologiste réputée vient en effet de prendre sa retraite. Aujourd'hui il ne reste donc plus que 3 spécialistes à Albertville.
Arrivée en 1980 dans notre cité, Maryse Vittot s'est arrêtée le 30 juin 2010. Discrète, cette professionnelle passionnée a accompagné des milliers de patients avant de prendre sa retraite. Aujourd'hui, elle nous confie : « bien sûr j'ai cherché un remplaçant, je me suis démenée pour cela mais ça n'a pu aboutir. » La problématique n'est pas propre à ce cabinet, à cette spécialité, à cette ville. Aujourd'hui en France, il y a une vraie pénurie de médecins. « On connaît ce problème depuis une quinzaine d'années et je considère que c'est très grave pour la population. Je me suis déjà adressée aux responsables de la ville. Il y a une réorganisation de la médecine à prévoir, ce n'est pas moi qui aie les moyens de le faire » enchaîne t-elle. Alors qui a les moyens de changer les choses, c'est une des questions que nous avons posées au SNOF, alias Syndicat national des Ophtalmologistes de France.
Le docteur Jean-Bernard Rottier en est le président. « Cette année, pour la première fois nous sommes passés de 80 à 106 ophtalmologistes formés. » Selon lui, il faudrait passer à 190 pendant 10 ans pour rattrapper notre retard. Aujourd'hui, 2 régions sont préservées de cette pénurie d'ophtalmologistes : PACA et la région parisienne. « Dans le Nord et l'Est il existe un déficit important » déficit expliqué par l'attractivité d'une région. Pour être attractif, le Nord-Pas-de-Calais a sorti les grands moyens. « La Région a mis plusieurs milliers d'euros sur la table pour attirer les ophtalmologistes. » Si nous en sommes là c'est parce que le «  problème repose sur l'organisation sanitaire en France. » En somme personne n'a prévu les besoins en terme de spécialistes face à la démographie.
« Chaque mois, 12 oculistes arrêtent leurs activités. Ça risque d'être difficile et on ne pourra surmonter cela qu'avec des professionnels qui se connaissent, travaillent main dans la main et non des professionnels qui s'opposent. » Les solutions sont rares mais elles existent donc. Outre augmenter le numerus clausus, dont les effets ne se feront sentir qu'après les 5 années de formation, il est possible de déléguer son travail.
On sait que les opticiens peuvent renouveler des lunettes sous certaines conditions mais dans ce cas présent il s'agit d'avoir recours aux orthoptistes.
Jean-Bernard Rottier s'explique : « si un ophtalmologiste travaille avec un orthoptiste, il peut gagner 30 à 40 % de temps médical.
 »
Le second peut réaliser des mesures indispensables au premier. On parle d'un gain de 13 minutes.
Du côté des professionnels albertvillois, il est clair que le temps va être précieux et chargé, il faudra faire à 3 le travail autrefois fait à 4. Déjà les listes d'attentes promettent de s'allonger, sur les répondeurs téléphoniques de certains on indique de rappeler en septembre pour prendre rendez-vous en janvier. Inutile de dire que dans ces conditions, la fuite de clientèle vers Chambéry va une fois de plus s'accentuer, sachant que les délais sont 6 fois moindres.

CINDY GOMES

Journal La Savoie

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