Dans l'édition de La Savoie du 9 juillet 2010, Frédéric Alberto, résident du foyer Adoma d'Albertville, installé dans l'ancien Althôtel, expliquait une perspective de fermeture de l'établissement avec, à la clé, expulsion de tous les résidents, dans les trois mois et sans réelles solutions adaptées à chacune des situations.
Une situation à ses yeux indigne, dont il vient parler à nouveau avec des informations qui se révèlent pour le moins ahurissantes.
«le jour de la sortie de votre article, la responsable régionale des foyers Adoma a appelé Philippe Masure le maire d'Albertville pour dire qu'elle n'était pas au courant de la lettre transmise à chacun des résidents. » Frédéric Alberto, au nom des résidents de ceux qui ont fait la pétition, ont demandé des explications et résisté à des méthodes expéditives, indignes, raconte, les bras lui en tombent, ce qui a suivi leur mouvement. Et se penche sur la lettre reçue le 17 juin 2010, émanant de la directrice régionale Mme Lysiane Demoment. Elle stipule clairement :
« (...) je vous confirme la fermeture définitive de la résidence sociale d'Albertville Althôtel le 30 septembre 2010 (...) ». « Le maire m'a rappelé suite à son entretien avec cette même directrice régionale pour me dire que tout n'était pas aussi immédiat que ce que le courrier disait... Et qu'il fallait laisser passer un peu de temps... » Expulsion, pas expulsion,
la valse hésitation... Lui et les autres locataires matraqués par l'expulsion sans appel, par des perspectives de relogement purement et simplement nulles, se demandent aujourd'hui à quel saint se vouer... Dans la semaine qui a suivi, le 12 juillet, il recevait un courrier de la direction régionale qui précisait :
« Vous avez reçu un courrier Adoma, le 17 juin faisant état de la fermeture définitive de la résidence sociale d'Albertville au 30 septembre prochain. Nous tenons à vous préciser que cette perspective est encore à l'étude, et la date annoncée est de toute façon prématurée. En tout état de cause, elle ne saurait intervenir avant qu'une solution de logement durable et adaptée à vos besoins n'ait été trouvée... Il ne saurait être question d'expulsion... Une réunion d'information sera organisée lorsqu'une meilleure visibilité sur le devenir de la résidence sociale sera établie ». Lettre conclue d'excuses qui laisse totalement perplexe Frédéric Alberto.
« On nous vire, on ne nous expulse plus tout de suite ? Pas si sûr ! Parce qu'ici, on continue à nous faire comprendre qu'on doit partir... Et que nous propose-t-on ? Des marchands de sommeil pas beaucoup mieux. On n'a toujours aucune nouvelle de l'OPH... ».
Dans cette pénible affaire, sur le plan humain et professionnel, il faut aussi prendre en compte la situation du foyer Cada (service intégré à Adoma) à Saint-Michel de Maurienne, celle du nouveau Cada d'Annecy et le de plus en plus éventuel regroupement des deux établissements de Savoie. À Saint-Michel de Maurienne, les salariés du Cada se mettaient en grève le 7 juillet et manifestaient dans la rue contre la fermeture de leur établissement ! Soutenus par la mairie de Saint-Michel-de-Maurienne. Par ailleurs, différentes réunions de personnels au niveau national de l'organisation ont fait état de la complexité du dossier, de l'avancée prématurée des actions à Albertville
« on a essayé de nous mettre dehors pour un projet tout juste à l'étude » s'agace Frédéric Alberto,
« on aurait même dit que le courrier serait parti par inadvertance ! », des allégations contestées de fermeture en Maurienne pour des raisons de chauffage défectueux, de fuites d'eau, du report d'une réunion en septembre consacrée à la situation actuelle.
Au prix du management commercial Consterné, le résident poursuit :
« De mon côté, j'apprends qu'en réalité Adoma serait passé sous privatisation complète et que partout en France un plan de restructuration ferme des foyers avec les mêmes méthodes que celles employées ici. » Frédéric ne se fait guère d'illusion sur l'issue de l'affaire même si ce sursis et cette confusion peuvent leur profiter.
« Tous les anciens ont décidé de ne pas bouger d'ici. Moi et les autres non plus. Une seule personne serait en voie de relogement. On n'est sûr de rien... » Le social géré comme une entreprise commerciale lui laisse un goût amer dans la bouche.
Surtout quand il s'agit, comme pour lui, de personnes fragiles, sans le moindre moyen, sans secours, souvent délaissées par une société qui ne les intègre pas parce qu'ils ne sont soit disant pas conformes...
L.M. Journal La Savoie
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