Si vous aviez préparé le tube de crème solaire et la serviette, alors vous êtes has been. Qu'on se le dise la grosse tendance de cet été est plus que jamais le VTT.
De la Maurienne à la Tarentaise, toutes les stations proposent leurs pistes, leurs remontées mécaniques. Les championnats du monde vont avoir lieu à Val d'Isère, de nouvelles courses se mettent en place comme le raid vert transalpin en 2011... Que l'on choisisse la version ludique et familiale ou les sensations, le VTT phénomène de mode ou nouvelle culture ?
Pour les non-initiés, le VTT c'est de la descente pure ( qui s'appelle la DH), de l'enduro (alternant descente 80 % et montée 20 %) et enfin le cross au milieu de la nature. Voilà pour les 3 disciplines majeures.
Et pour commencer, un peu d'histoire, le VTT (alias vélo tout terrain) débarque dans notre chère France, il y a moins de 30 ans.
« Les premières démo de vtt avaient lieu à la Plagne, c'était en août 1983 » confirme Patrick Pecchio.
Aussitôt, dans son magasin, il suit la tendance, pourtant :
« Ça a mis du temps à démarrer, les premières années, certaines marques n'y croyaient pas. » Juste avant les Jo c'est le boum pour les Savoyards qui adoptent cette nouvelle façon de rouler et depuis, tout roule...
« Ça reste un secteur très important du marché du vélo.
Les professionnels ont enfin compris l'attrait du vélo dans le tourisme d'été. Il y a des stations comme les Gets ou l'Alpes d'Huez qui ont compris depuis longtemps. » La Savoie doit donc passer au braquet supérieur d'autant plus que ce VTT est tout à fait dans la mouvance écolo. Pour le vendeur de cycles, son succès s'explique aussi par la multitude de pratiques.
« Le VTT street devient un produit à la mode pour circuler en ville. On voit des nouvelles marques, de nouveaux fabriquant pour le développer. Et puis, ce qui est frappant c'est le gros boum des VTT adaptés pour les dames. » Même discours du côté de Décathlon où son directeur Fabrice Pourroy revient sur la démocratisation du VTT.
« Autrefois réservé à une certaine élite de casse-cou, aujourd'hui le VTT s'est démocratisé et ça ne fait qu'augmenter. » De fait le marché reste porteur grâce notamment au renouvellement de la bécane !
« Personnellement, je pratique depuis 15 ans et j'en suis à mon 4ème VTT. Les milieux de gamme d'aujourd'hui sont meilleurs que le haut de gamme, il y a 10 ans. » Des évolutions techniques, technologiques et même esthétiques le VTT a tout pour plaire... Ce qui explique pour Fabrice Pourroy que ce n'est pas seulement
« un phénomène de mode, c'est devenu un sport comme le foot. Dans le rayon vélo, il reste un produit phare ».
On comprend mieux pourquoi les professionnels du tourisme roulent sur ce filon d'autant plus quand on parle d'un tourisme 4 saisons. Parmi les derniers à se lancer dans l'aventure bike, le Beaufortain a mis les coudières et les genouillères pour se faire sa place et créer "Beaufortain bike".
À vos marques, prêts, ridez ! « Le projet s'est monté très rapidement, c'était pour nous un défi à relever. Toutes les stations autour de nous se sont lancées dans le VTT, nous devions y aller maintenant ! » confirme Nicolas Deschamps directeur de la maison du Beaufortain.
Les Gets ont en effet été parmi les premières a investir dans le VTT, comme les Deux Alpes ou Morzine. Sur nos terres, la Plagne, Tignes, Val Thorens, Val d'Isère, les Arcs, Courchevel... sont déjà sur le devant de la scène.
Pour être concurrentiel, le Beaufortain joue la carte "produit massif" et relie les stations des Saisies et Arêches-Beaufort.
« Nous avons créé des pistes de liaison d'enduro, la discipline à la mode. D'un autre côté nous avons mis en place un système de navettes partant d'Albertville. » Ces bus peuvent accueillir jusqu'à 18 vélos. Et dès les premiers jours elles étaient utilisées avec une fréquentation atteignant parfois 7 à 8 personnes. Pas mal pour un début.
Du côté des remontées mécaniques elles restent sous la gestion des stations : les Saisies proposent 5 jours d'ouverture, Arêches 2. Une fois en haut, il ne reste qu'à redescendre avec pas moins de 9 pistes DH sur les 2 stations soit 23 kilomètres de sensations. Le cross représente 300 km d'itinéraires pour tous les niveaux. Pour les enduro ils auront 3 parcours soit 31 kilomètres à dévaler. Dont la fameuse Dev'Albertville de 19 km, 200 m de dénivelé - et 420 en +. Pour les tous petits, des pistes d'initiation accessibles dès 3 ans vous attendent à Marcôt.
« Ce n'est pas un simple effet de mode, on le voit avec des courbes de vente de VTT encore ascendante. Il y a une vraie demande de la part des vacanciers qui recherche autre chose. C'est une pratique douce qui ne fait pas trop de mal à la montagne et que l'on peut pratiquer aussi bien en famille que pour des sensations. Notre point fort est de nous positionner sur les 3 pratiques ce qui permet de varier les pratiques et puis on a ce cadre du Beaufortain ! » Quant à l'avenir de cette pratique, pour Nicolas Deschamps s'il reste doré, rien ne permet d'affirmer que le VTT
« est l'avenir d'un tourisme d'été en station. Nous ne sommes pas sur un tourisme de masse et on ne le sera jamais. En revanche, nous devons nous diversifier si on veut attirer la clientèle et faire que la fréquentation estivale arrête de baisser dans les Alpes. » Alors à vous de jouer mais qu'on ne s'y trompe pas, si le dérailleur permet de varier les difficultés, il faut tout de même pédaler dans la station de votre choix... L'été sera sport !
CINDY GOMES
Journal La Savoie
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