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Albertville

vendredi 09.07.2010, 14:00

Fermeture du foyer Adoma : « le même cynisme qu'une entreprise qui délocalise »

L'ancien Althôtel occupé par le Cada et Adoma... Ce ne sera bientôt plus que Cada... L'ancien Althôtel occupé par le Cada et Adoma... Ce ne sera bientôt plus que Cada...

C'est officiel, le foyer Adoma albertvillois (ancien sonacotra), installé dans les locaux d'Althôtel, ferme ses portes. 19 locataires sont priés de quitter les lieux dans les trois mois d'ici septembre.

Seule proposition faite, d'après une des locataires, pour les reloger : les réinstaller à Annecy ou à Chambéry dans d'autres centres Adoma. Les locataires réagissent face à une situation qu'ils jugent méprisante.
Dix-neuf résidents du foyer Adoma, viennent d'apprendre par courrier la fermeture du centre et leur départ obligé dans les trois mois d'ici le 30 septembre 2010. La surprise est de taille et leur inquiétude encore plus grande. Dans une pétition adressée aux résidents et à l'attention du maire d'Albertville, ils indiquent : « Adoma nous propose un relogement sur les villes d'Annecy et Chambéry que nous ne pouvons accepter pour autant de raisons différentes que de personnes (travail, famille, âge, etc.) En cette période estivale nous n'avons pas le temps d'envisager des solutions à court terme pour chacun d'entre nous, par conséquent la plupart d'entre nous se retrouvera sans abri à l'échéance. On nous propose une aide administrative à la constitution d'un dossier OPH, mais sans garantie d'aboutissement dans les délais. » Qu'ils sortent de prison, qu'ils subissent les contre-coups d'une situation personnelle ou professionnelle en rupture, qu'ils n'aient d'autres lieux pour vivre, qu'ils soient âgés et sans famille, travailleurs étrangers, le foyer était un port d'attache, un lieu où petit à petit se reconstruire, s'ouvrir à des projets, se replacer dans le cours de la vie. Avec cette nouvelle, la peur de la rue, d'un nouvel échec, d'une incertitude de plus, de l'errance et de la disparition encore plus grande des aides et des moyens pour les soutenir, se réinjecte violemment dans leurs veines fragiles.
« 7 ou 8 personnes des 19 sont retraitées et n'ont qu'ici pour vivre. » Les autres sont des personnes qui travaillent souvent mais qui n'ont pas les moyens de se loger ailleurs. « Notre colère n'est pas dirigée contre la directrice du foyer. Elle est dévouée, elle va elle aussi sans doute perdre son emploi et elle fait tout ce qu'elle peut pour nous aider », explique désespéré, Frédéric Alberto un des locataires qui a décidé « de remuer ciel et terre » pour que les choses ne se passent pas dans le mépris de ce qu'ils sont. « La pétition n'est pas dirigée contre elle. Elle sert à informer de notre situation et elle s'adresse au siège de Sonacotra. On nous a réunis pour nous expliquer comment nous mettre dehors... Sans explication aucune des raisons de la fermeture du foyer. » Il les a apprises par ailleurs les explications : « Le Cada a décidé un regroupement géographique. Le Cada de Saint-Jean-de-Maurienne va fermer et rejoindre celui d'Albertville. Et s'installer à notre place ».
Lui est inscrit à l'OPH « depuis quatre ans. On ne m'a jamais fait aucune proposition. On n'est pas prioritaire... », il n'a, comme les autres d'Adoma aucun espoir de voir cet horizon s'éclaircir d'ici septembre.
S'il a rencontré Jean-Claude Jacquet le premier adjoint, c'est tout de même « dans l'espoir d'un relogement. Nous avons été écoutés et soutenus, on nous a dit la volonté de nous aider. Malheureusement à Adoma il n'y a pas d'approche globale de la situation. On traite au cas par cas, ce qui se passe est révoltant de la part d'un organisme social. On ressent le même cynisme qu'une entreprise qui délocalise ! » Respect, dignité, conditions de vie décentes, espoir pour l'avenir... des mots qui viennent encore une fois d'être sérieusement écornés dans son paysage. Même s'il sait qu'on les considère souvent comme des moins que rien, il ne veut pas voir sa dignité d'homme atteinte. Alors il parle, il contacte la presse, il interpelle les élus, il sort de l'ombre et il dit combien la misère est là, combien il ne faut pas grand chose pour que des univers déjà fragiles basculent encore plus bas... Ils ne demandent pas grand chose juste un relogement qui ne nuise pas à leur vie, à leur travail, à leurs relations. Des illusions à Adoma plus beaucoup ne s'en font... Au foyer Adoma d'Albertville, la responsable, Mme Ribeiro n'est présente que le jeudi et pas joignable autrement. On nous renvoie sur l'agence Adoma de Chambéry. Cette fois la directrice, Lisiane De Moment, nous prend au téléphone mais pour dire qu'elle ne peut pas s'exprimer elle-même. Nous renvoyant sur l'agence régionale à Lyon, et sa directrice Mme Poisson. Directrice qui a l'heure où nous bouclons ne nous a pas rappelés pour s'expliquer sur la situation albertvilloise.
L.M.

Journal La Savoie

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