Richard espérait du changement, délaisser les frimas hivernaux pour des températures plus clémentes et une destination dépaysante.
Avec deux amis, il s'est envolé pour l'Inde, une terre de contrastes où les décors les plus somptueux côtoient la misère la plus noire. Récit de voyage.
Travailler sur les marchés l'hiver, le jeune homme l'avait déjà expérimenté ; alors pour changer de l'ordinaire, Richard évoqua des idée d'ailleurs à Thibaut. Déjà parti en Inde du sud, son copain lui proposa la même destination avec le nord en prédilection. Le but, improviser... ce qui n'était pas nécessairement une très bonne idée admet Richard : «
A Delhi, nous avons été assailli par une faune qui déploie des trésors d'énergie pour te conduire dans une agence de voyage et te prendre un maximum d'argent. En bons négociateurs que nous pensions être, nous avons fini par opter pour un taxi qui s'est avéré faux et nous a déposés bien loin de la destination souhaitée, tentant au passage de nous refourguer un voyage... Ces péripéties plus la chaleur, les odeurs, le monde, la pauvreté : cette première journée fut rude, je ne m'y étais sans doute pas assez bien préparé ».
Finalement, les trois amis optent pour un petit voyage organisé à la découverte du Rjhastan, un concentré de merveilles architecturales dont ils ressortent éreintés, mais époustouflés : «
Pouchkar fait partie de mes meilleurs souvenirs, c'est une ville construite autour d'un lac sacré où les Hindous viennent se purifier au lever et au coucher du soleil. Cette fois, il était vide car les autorités ont pris conscience il y a un an que l'eau était infestée de bactéries... » La saleté, un élément très présent dans le voyage : «
Certains réussissent à s'en détacher, pour moi, je dois avouer que ce fut plus dur ».
A Jaïpur, capitale du Rajasthan, les visites s'enchaînent, avec des moments de grâce comme ce mariage traditionnel auquel ils furent conviés : «
A trois, c'est difficile de se fondre dans la population, ce soir-là, les Indiens sont venus nous chercher pour partager ce moment de bonheur... si par timidité nous n'avons pas dansé, c'est la soirée où nous nous sommes le plus rapprochés des autochtones. Un très beau souvenir » Comme Benarès ville sacrée où se trouve le Gange : «
Dans le guide du routard, il est dit que même un moustique qui se respecte ne s'y baignerait pas ». Richard raconte le contraste saisissant entre d'un côté les gens qui viennent se purifier, de l'autre ceux qui lavent leurs vêtements... il dit cette cité vieille de 5 000 ans, ses temples bancals, des vaches partouts, les chiens errants. Un autre monde, une planète à part.
Après cette étape, direction les premiers contreforts himalayens, «
un très long périple qui devait durer 20 h et a effleuré les 30 heures... c'est simple, je n'ai jamais autant lu, s'amuse Richard. Mais je ne regrette pas, on a pu voir beaucoup de pays ! » A Darham Sallah, après cinq heures d'attente au bord de la route, Boris, Thibaut et richard entraperçoivent le Dalaï-Lama venu pour une conférence... encore un beau souvenir, un parmi tant d'autres.
Derniers jours. Retour à Delhi... depuis longtemps, Richard a abdiqué, il est revenu à la nourriture européenne, et il reviendra aussi avec le sentiment d'être privilégié : «
L'Inde est un pays à voir, mais en le visitant, on se rend compte à quel point on a de la chance.
Là-bas, une partie de la population vit comme des animaux. A Delhi, c'est la cour des miracles et il faut être sacrément blindé pour ne pas craquer, je sais que certains touristes ne tiennent pas le coup et repartent au bout d'une semaine... » Bien que tout ne fut pas simple, lui a tenu, au prix d'une dure, mais belle expérience.
JOHAN FABIN
Journal La Savoie
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